Epicure, Lettre à Ménécée

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Epicure, Lettre à Ménécée

Message par Admin le Mer 28 Fév - 14:52

Parmi les désirs, les uns sont naturels, les autres vains, et que, parmi les désirs naturels, les uns sont nécessaires, les autres naturels seulement. Parmi les désirs nécessaires, les uns le sont pour le bonheur, les autres pour l'absence de souffrances du corps, les autres pour la vie même. En effet, une juste vision de ces catégories permettra de comprendre que c'est là la fin de la vie bienheureuse : l'absence de souffrance du corps et de l'âme. Car c'est pour cela que nous faisons tout : afin de ne pas souffrir et de n'être pas troublés. Une fois cet état réalisé en nous, toute la tempête de l'âme s'apaise, le vivant n'ayant plus à aller comme vers quelque chose qui lui manque, ni à chercher autre chose par quoi rendre complet le bien de l'âme et du corps.
En effet, nous ne cherchons le plaisir que quand nous souffrons de son absence, mais quand nous ne souffrons pas, nous n'avons plus besoin de chercher le plaisir. Et c'est pourquoi nous disons spontanément que le plaisir est le principe et la fin de la vie bienheureuse. Mais il est des cas où nous méprisons bien des plaisirs, lorsqu'ils doivent avoir pour suite des désagréments qui les dépassent, et nous estimons bien des douleurs meilleurs que les plaisirs lorsque, après les avoir supportés longtemps, le plaisir qui suit et plus grand pour nous.(...) Il faut donc en juger à chaque fois, en examinant et comparant avantages et désavantages.
Par conséquent, lorsque nous disons que le plaisir est le souverain bien, nous ne parons pas des plaisirs des débauchés, ni des jouissances sensuelles, comme le prétendent quelques ignorants qui nous combattent et défigurent notre pensée. Nous parlons de l'absence de souffrance physique et de l'absence de trouble moral. Car ce ne sont ni les beuveries et les banquets continuels, ni la joie que donnent les poissons et les viandes dont on charge les tables somptueuses, qui procure une vie heureuse, mais des habitudes raisonnables et sobres, une raison cherchant sans cesse des causes légitimes de choix ou d'aversion, et rejetant les opinions susceptibles d'apporter à l'âme le plus grand trouble. »

Epicure, Lettre à Ménécée

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