Les procédés manipulatoire du langage

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Les procédés manipulatoire du langage

Message par Admin le Mar 19 Déc - 15:59

L’oxymore est cette figure de style qui allie deux mots de sens contraire pour frapper le lecteur d’une sorte de dissonance expressive, tantôt poétique (« le soleil noir de la mélancolie »), tantôt ironique (« une sublime horreur »).
Mais l’emploi du procédé n’obéit pas toujours à des intentions littéraires. Dans les discours de propagande, l’objectif est trop souvent de tromper les bonnes âmes en affectant de concilier l’inconciliable : il suffit en effet, pour absoudre un substantif suspect, de lui accoler un adjectif à vocation prophylactique. Ainsi sont nées la « guerre propre » et ses « frappes chirurgicales ». Les sordides réalités de la domination ou de l’exploitation se trouvent alors « blanchies » par l’artifice de mots qui ne changent rien aux choses...
La règle, chaque fois qu’on trouve alliés deux termes antinomiques, est donc d’observer lequel récupère l’autre. Dans le cadre de la mondialisation actuelle, par exemple, la vogue du « commerce équitable » apparaît comme une astucieuse chimère destinée à abuser ceux qui veulent ignorer la férocité de la compétition économique. Car à l’ère du néolibéralisme et de la marchandisation du monde, le commerce est précisément d’autant plus florissant qu’il est inéquitable.
Même chose avec l’idéal d’une « consommation solidaire ». Cette formule, séduisante pour l’homme de bonne foi, fait croire qu’on va corriger les inégalités économiques par la vertu d’un adjectif réhabilitant. Or la logique de la « société de consommation » est de cultiver un hédonisme individualiste qui identifie la supériorité sociale à la surconsommation. L’égoïsme, la « hiérarchite » en sont le moteur essentiel. En appeler dès lors à une consommation « solidaire » ou « citoyenne », c’est conforter l’illusion selon laquelle on peut supprimer l’injustice inhérente au système sans changer le système

François Brune, Auteur du Bonheur conforme (1985) et de De l’idéologie, aujourd’hui (2004)


Dans le roman de George Orwell, « 1984 », Syme, un collègue de Winston, en charge du dictionnaire Novlangue, explique le but du Novlangue :
« Ne voyez-vous pas que le véritable but du Novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? A la fin nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer. »

Il existe types de mots utilisés en novlangue :
• Les mots trompeurs, qui ont changé de sens et qui signifient souvent le contraire de ce qu’ils exprimaient auparavant. Il s'agit d'une manière de "noyer le poisson" et de créer des idées uniquement à partir du langage.
• Les mots subliminaux, qui sont utilisés pour produire certains effets sur le public (en général de répulsion). A placer dans une conversation dès que l'on est à cours d'argument.
• les mots marqueurs, qui expriment l’idéologie dominante. Ils sont vides (ne correspondent à aucune réalité) mais emportent souvent l'approbation.
Exercice : Tentez de placer ces expressions dans l'une des 3 catégories ci-dessus :



- Quartier sensible

- Démocratie représentative
- Surveillance citoyenne
-Terroriste

- Commerce équitable
- Femme active
- Révolution verte
- Intégrisme religieux

- Guerre froide

- Antisémitisme
- Guerre propre
- Quartier populaire
- Politiquement correct

- Dérapage
- Réussite différée

- Justice sociale
- Accord salarial
- Barbarie
- Tolérance
- Libre concurrence
- Consommation décomplexée
- Etat d'urgence
- Étranger

- Contrôle fiscal
- Assistés
- Pacification des relations

- Complotiste

- Croissance économique

- Anarchiste

- Rigueur budgétaire

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